Cambriolage de résidence secondaire :
risques, assurance et prévention

Une maison vide neuf mois sur douze, souvent isolée, parfois pleine d'outillage et de mobilier : la résidence secondaire cumule tout ce qu'un cambrioleur recherche. Voici comment évaluer le risque, ce que dit vraiment votre contrat d'assurance et les 12 mesures qui font la différence.

Publié le 3 septembre 2026 · Rédaction Data-Cambriolage.fr · Chiffres SSMSI 2025

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Pourquoi les résidences secondaires sont-elles si ciblées ?

La France compte environ 3,7 millions de résidences secondaires et logements occasionnels selon l'Insee, concentrés sur le littoral, en montagne et dans les campagnes proches des grandes villes. Pour un cambrioleur, elles présentent quatre avantages décisifs :

  • L'absence est longue et prévisible. Une maison de vacances est vide d'octobre à avril, avec des retours aux dates connues de tous : vacances scolaires, ponts, été.
  • La découverte est tardive. Un cambriolage commis en novembre peut n'être découvert qu'à Pâques. Les auteurs ont le temps de revendre, et les traces ont disparu.
  • Le voisinage est absent lui aussi. Dans un lotissement balnéaire ou un hameau de montagne, personne ne remarque un véhicule inconnu en hiver.
  • Le butin est facile à écouler. Outillage de jardin, vélos, électroménager, mobilier d'extérieur, vin : des objets volumineux mais anonymes, souvent revendus sur les sites de petites annonces.

Les cambriolages de résidences secondaires ont ainsi leur propre saisonnalité, inverse de celle des résidences principales : ils explosent hors saison, quand le propriétaire est loin, alors que les résidences principales sont surtout visées l'été et pendant les fêtes.

Où le risque est-il le plus élevé ?

Les statistiques du Ministère de l'Intérieur ne distinguent pas résidence principale et secondaire, mais les communes à forte proportion de résidences secondaires apparaissent régulièrement en haut des classements de taux de cambriolage : leur parc de logements est important, leur population permanente faible, et le score de risque calculé pour 1 000 logements grimpe mécaniquement. Voici, parmi les grandes villes côtières, celles où le risque est le plus et le moins élevé en 2025 :

Villes côtières les plus exposées

  1. Boulogne-sur-Mer (62) 62,3/100
  2. Saint-Nazaire (44) 56,2/100
  3. Toulon (83) 51,8/100
  4. Nice (06) 51,7/100
  5. Cannes (06) 50,0/100

Villes côtières les plus sûres

  1. Ajaccio (2A) 11,7/100
  2. Bastia (2B) 13,5/100
  3. Cherbourg-en-Cotentin (50) 19,6/100
  4. Bayonne (64) 30,5/100
  5. Antibes (06) 30,6/100

Le classement complet est disponible dans nos palmarès des villes côtières les plus cambriolées et des stations balnéaires les plus sûres. Pour une commune de montagne ou de campagne, tapez simplement son nom sur la page d'accueil : vous obtiendrez son score et l'évolution depuis 2016. Le plus parlant reste de comparer la commune de votre résidence secondaire à celles qui l'entourent grâce à la page cambriolages autour de moi.

Assurance : ce que votre contrat dit vraiment

Le piège n°1 : la clause d'inhabitation
La plupart des contrats multirisques habitation suspendent ou réduisent la garantie vol lorsque le logement reste inoccupé plus d'un certain nombre de jours consécutifs, souvent 90, parfois 60. Une résidence secondaire assurée avec un contrat standard peut donc ne pas être couverte en plein hiver. Lisez vos conditions générales à la rubrique « inhabitation » ou « inoccupation ».

Un contrat spécifique, pas une extension

Assurer une résidence secondaire n'est pas obligatoire pour un propriétaire occupant, sauf en copropriété où la responsabilité civile est imposée. Mais en pratique, un contrat dédié est indispensable : les assureurs proposent des formules « résidence secondaire » qui adaptent la clause d'inhabitation, plafonnent différemment les objets de valeur et intègrent parfois l'assistance à distance. Les points à vérifier avant de signer :

  • La durée d'inoccupation tolérée et ce qui se passe au-delà (suspension totale de la garantie vol, ou simple réduction).
  • Les moyens de protection exigés : serrure 3 points, volets ou barreaux, alarme. Si le contrat les impose et qu'ils manquent, l'indemnisation peut être refusée.
  • Les plafonds pour les objets de valeur, le mobilier de jardin, les dépendances (abri, garage, piscine) et les vélos.
  • La couverture du vandalisme et des dégâts consécutifs (porte fracturée, gel après une fenêtre laissée ouverte par les cambrioleurs).

La déclaration quand on découvre le cambriolage des mois après

Le délai légal de 2 jours ouvrés (article L113-2 du Code des assurances) court à compter du moment où vous avez connaissance du sinistre, pas de sa date réelle. Si un voisin vous appelle un mardi, vous avez jusqu'au jeudi pour déclarer. Notez l'heure et la date de cet appel, confirmez la déclaration par écrit, et faites constater les dégâts par une personne de confiance avec des photos horodatées si vous ne pouvez pas vous déplacer immédiatement. L'assureur exigera aussi le récépissé de la plainte : elle peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou brigade, y compris près de votre résidence principale, ou préparée via la pré-plainte en ligne.

Les autres démarches sont celles de tout cambriolage : liste des objets volés avec factures ou photos, devis de réparation, sécurisation provisoire. Nous les détaillons pas à pas dans cambriolage : que faire ? et, si les intrus n'ont pas réussi à entrer, dans tentative de cambriolage : que faire ?.

12 mesures pour protéger une résidence secondaire

1

Un voisin ou un gardien de confiance

C'est la mesure la plus efficace, loin devant la technologie. Un voisin à l'année qui passe une fois par semaine, ouvre les volets quelques heures, relève le courrier et gare parfois sa voiture devant. Rémunérez-le ou rendez-lui la pareille : un cambriolage découvert en 48 heures se règle avec l'assurance ; découvert en 4 mois, il se règle mal.

2

Une alarme connectée avec transmission mobile

Dans une maison vide, le wifi et l'électricité peuvent être coupés : choisissez une centrale avec batterie et carte SIM, des détecteurs d'ouverture sur chaque accès et une sirène extérieure. La télésurveillance avec levée de doute et intervention est particulièrement pertinente pour une résidence secondaire, puisque vous ne pouvez pas vous déplacer.

3

Des caméras extérieures consultables à distance

Avec détection de mouvement et notification sur votre téléphone. Ne filmez que votre terrain et signalez la vidéosurveillance par un autocollant : la plupart des repéreurs passent leur chemin.

4

Volets et serrures au niveau d'une résidence principale

Volets fermés et verrouillés (anti-relevage pour les volets roulants), cylindre certifié A2P, cornières anti-pince, poignées à clé sur les fenêtres accessibles. Les ouvertures arrière et les portes de dépendances comptent autant que la porte d'entrée. Notre guide comment ne pas se faire cambrioler détaille chaque équipement.

5

Un simulateur de présence programmé

Prises connectées et lampes qui s'allument à horaires variables, volets roulants motorisés programmés. Pour un repéreur qui passe plusieurs soirs, une maison qui s'anime le soir n'est plus une résidence secondaire.

6

Rien de précieux entre deux séjours

Rapatriez ce qui a de la valeur, ou fixez un coffre scellé. Laissez éventuellement des rideaux ouverts sur des pièces visiblement sans intérêt : un intérieur vide de tout objet convoité est aussi une forme de dissuasion.

7

Outillage, vélos et mobilier sous clé

Abri de jardin et garage sont les cibles favorites hors saison. Cadenas de qualité, ancrage au sol pour les vélos et la tondeuse, et surtout aucun outil laissé dehors qui servirait à forcer la maison elle-même.

8

Courrier et publicités neutralisés

Une boîte aux lettres qui déborde est le signe d'absence le plus lisible. Faites suivre votre courrier, collez un « stop pub » et demandez au voisin de vider les prospectus restants.

9

Jardin entretenu même en votre absence

Herbe haute, feuilles mortes accumulées, haie non taillée : autant d'indices d'inoccupation visibles depuis la route. Un passage de jardinier par mois protège autant qu'il embellit.

10

Discrétion sur les réseaux sociaux et les annonces

Les photos de « notre maison en Bretagne » avec la façade reconnaissable, ou une annonce de location saisonnière trop précise sur l'adresse et les périodes libres, renseignent sur vos absences. Floutez, restez vague, et ne publiez qu'après coup.

11

Signalement à la gendarmerie locale

L'Opération Tranquillité Vacances vise d'abord les résidences principales, mais de nombreuses brigades rurales et littorales acceptent d'intégrer les résidences secondaires dans leurs rondes hivernales, surtout si vous laissez un contact local. Passez les voir lors de votre prochain séjour.

12

Un inventaire photographique complet

Photos de chaque pièce, du mobilier de jardin, des vélos, des appareils avec leur numéro de série, et factures numérisées dans un espace en ligne. Vous ne pourrez pas retourner sur place le lendemain d'un cambriolage : ce dossier fera l'indemnisation à votre place.

Et si vous louez votre résidence secondaire ?

La location saisonnière réduit le risque de cambriolage, puisque la maison vit, mais elle crée d'autres expositions : clés en circulation, boîte à clés à code parfois visible, locataires qui laissent une fenêtre ouverte. Préférez une serrure connectée avec codes temporaires, changez le code de la boîte à clés après chaque séjour, et vérifiez que votre assurance couvre la location meublée de courte durée : de nombreux contrats l'excluent par défaut, y compris pour la garantie vol.

Questions fréquentes

L'assurance habitation couvre-t-elle le cambriolage d'une résidence secondaire inoccupée ?

Seulement si le contrat est adapté. Les contrats standards contiennent une clause d'inhabitation qui suspend ou réduit la garantie vol au-delà d'une durée d'inoccupation continue, souvent 90 jours. Un contrat « résidence secondaire » aménage cette clause ; vérifiez aussi les moyens de protection exigés.

Quel délai pour déclarer un cambriolage découvert plusieurs mois après ?

Deux jours ouvrés à partir du moment où vous en avez connaissance, et non à partir de la date du cambriolage. Déclarez dès l'appel du voisin ou du gardien, confirmez par écrit et déposez plainte dans le commissariat ou la brigade de votre choix.

Peut-on porter plainte sans se rendre sur place ?

Oui. La plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, y compris près de votre résidence principale, ou préparée avec la pré-plainte en ligne. Les enquêteurs locaux seront saisis par transmission. Faites néanmoins constater et photographier les dégâts sur place par une personne de confiance.

À quelle période les résidences secondaires sont-elles le plus cambriolées ?

Hors saison, d'octobre à avril, quand elles sont vides et le voisinage absent, avec une vigilance particulière autour des fêtes de fin d'année. C'est l'inverse des résidences principales, surtout visées l'été.

L'Opération Tranquillité Vacances s'applique-t-elle aux résidences secondaires ?

Le dispositif est conçu pour les absences temporaires d'une résidence, principale en général. Beaucoup de brigades acceptent toutefois de surveiller une résidence secondaire pendant l'hiver si vous en faites la demande et laissez un contact local. Renseignez-vous auprès de la gendarmerie de la commune.

Votre maison de vacances est-elle dans une zone à risque ?

Nombre de cambriolages, taux pour 1 000 logements et score de risque de la commune et de ses voisines, d'après les chiffres officiels 2025.

Voir les cambriolages autour d'une commune
Sources