Tentative de cambriolage : Vont-ils revenir ? Les réponses.

Vous avez retrouvé votre serrure endommagée, votre volet forcé, mais les voleurs ont pris la fuite avant d'entrer. Le soulagement passé, l'angoisse s'installe : vont-ils revenir s'attaquer à nouveau à votre domicile ? Voici l'analyse claire du phénomène de la « récidive » en matière d'effraction.

L'analyse probabiliste statistique
L'importance d'agir psychologiquement
Une tentative avortée ("cambriolage raté") est l'avertissement ultime. C'est l'instant T décisif où vous devez changer votre approche défensive sur l'habitation pour passer d'une stratégie "passive" à une stratégie de dissuasion active (avant un futur passage à l'acte concrétisé).

Le bruit d'un tournevis sur le barillet, le bois de la porte fenêtre qui craque, la découverte matinale de traces de pesée sur le dormant de l'entrée... Survivre à une tentative de cambriolage, même si elle a heureusement échoué (intervention d'un chien, fuite suite au passage d'un véhicule, serrure trop solide, système d'alarme qui a hurlé), engendre irrémédiablement une phase de stress post-traumatique marquée par un leitmotiv tenace : "Ont-ils eu ce qu'ils voulaient ? Vont-ils recommencer ? Est-ce que mon quartier est dangereux ?"

Les statistiques de la récidive : Que disent les chiffres ?

L'ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales) ainsi que de nombreuses compagnies d'assurances habitation s'accordent sur des statistiques très spécifiques concernant la "seconde visite" :

~15%

Probabilité estimée qu'une maison ciblée soit de nouveau "testée" dans les deux semaines suivant la première intrusion (réussie ou non).

1ère Nuit

Les cambrioleurs qui estiment que le butin est extrêmement important peuvent revenir s'équiper avec des "bons outils" lourds dans la nuit immédiate ou sous 72h.

Il existe donc bel et bien un risque avéré et prouvé de réitération. Lorsqu'un groupe a ciblé votre logement, le choix n'a pas été le fruit du hasard total :

  • Le logement bénéficie peut-être d'un point mort pour s'infiltrer sans lumière (fond d'allée isolée, haies extrêmement hautes, peu d'éclairage public).
  • L'étude comportementale a montré que la maison n'a ni alarme reliée extérieurement, ni système d'aboiement, ou qu'il s'agit du trajet des vacances scolaires.

Raisonnement majeur : S'ils ont échoué parce que le tournevis utilisé n'a pas suffi (le « vol d'opportunité » est souvent un acte raté car sous-équipé), un groupe organisé et insistant peut revenir avec un pied-de-biche standard ou un extracteur de cylindre pour ouvrir la porte si le signal "maison intéressante et facile" est perçu. Dans d'autres cas, particulièrement lorsque les cambrioleurs sont mis en fuite par un riverain ou le réveil brutal des occupants, le risque de les revoir diminue fortement, préférant abandonner une "cible cramée" désormais très vigilante.

Dans quels cas reviennent-ils (et pourquoi) ?

Le paradoxe du cambriolage "réussi" : Ils reviennent après !
Contrairement à ce qu'induit la logique basique ("Ils ont déjà tout volé, ils ne reviendront pas !"), c'est l'exact inverse. Les assurances démontrent que les réseaux de cambrioleurs adorent « rincer » une cible qui a fait ses preuves : la porte est endommagée et provisioirement sécurisée (fragile), l’habitant s'est rééquipé avec les factures de l'assurance (nouveaux PC portables, nouvelles consoles à voler de nouveau), et le gang "connaît l'aménagement, l'issue de secours et sait combien de temps il a avant la police".

1. L'équipement inadapté lors du premier test

Un jeune cambrioleur « opportuniste » de la délinquance locale cherche une porte entrouverte ou une baie vitrée baissée sur un chambranle usé. Souvent appelés le vol « à la roulotte » mais pour les résidences. Si le système ne lâche pas à la première secousse, l'individu fuit. Mais cette information peut remonter à un groupe supérieur. Il saura qu'avec un cric de mécanique en biais, la porte sautera. Si tel est le cas, le délai d'une nouvelle approche varie entre de 2 jours à 1 semaine (pour vérifier "l’assurance" du lieu).

2. Ils attendent que vous "baissiez la garde" (la fatigue)

Vous avez subi une tentative de nuit, vous avez très peu dormi de peur qu'ils reviennent. Durant 3 ou 4 nuits, l'adrénaline aide. Rapidement, au bout du 7ème ou 14ème jour, la "hype de surveillance" descend brutalement avec la routine de travail. La lumière artificielle reste éteinte et tout le monde dort profondément. C'est l'instant favorable à la "seconde salve".

Réagir post-tentative de cambriolage : Les 3 règles d'or (Immédiat)

Parce que vous devez supposer systématiquement que vous faites partie des malchanceux qui pourraient subir une nouvelle tentative prochainement, ces 3 barrières sont prioritaires, avant de vous octroyer le moindre répit :

  1. Le signalement officiel, impératif.
    Ne banalisez jamais une griffure sur la poignée si celle-ci a l'air de résulter d'un forage ou d'un crochetage. Signalez chaque tentative locale à votre commissariat / brigade territoriale autonome. C'est ce signalement qui génèrera les patrouilles de vigie dans votre lotissement, seule vraie politique de l'État de repérage et de dissuasion (les patrouilles dissuaderont les voleurs qui sont en repérage autour du bloc maison).
  2. Passage de "Sécurité passive 3 points" à la "Visuelle active"
    Il ne s'agit plus de vérifier si la porte a des crans ou fermetures suffisantes. On part du postulat que s'ils sont venus, c'est qu'ils voulaient l'ouvrir. Il faut dorénavant équiper l'extérieur de "marqueurs de dissuasion active" très fortement effrayants : projecteurs à détection de mouvement longue portée à déclenchement brutal ; pose d'un boîtier de sirène (même factice de haute qualité si vous n'avez pas le budget) clairement affiché sur la façade. Achetez d'urgence des autocollants certifiant le "Domicile protégé par vidéosurveillance" (qu'il y ait des caméras ou non, l'autocollant fait un ratio exceptionnel investissement/dissuasion).
  3. L'art du leurre pendant une semaine (Simulateur de présence)
    Pour neutraliser totalement l'option numéro 2 des cambrioleurs voulant retenter le "coup de chance" au bout de la 3ème journée : équipez vos lampes de salon de prises intelligentes et programmez un allumage aléatoire à des périodes où cela "trompe" l'observation de l'extérieur. Laissez également la TV émettre des reflets, et la radio diffuser au moment des approches connues (généralement peu de cambriolages à 2h du matin, mais surtout entre 14H00 et 17H00). Le simulateur de présence ruine le repérage.

Si après l'installation de ces mesures actives, accompagnées d'un système domotique, vous survivez aux deux semaines de latence statistique, la probabilité d'une nouvelle tentative chute radicalement pour revenir aux barèmes nationaux normaux.

Questions fréquentes après une tentative de cambriolage

Est-ce que les cambrioleurs reviennent après une tentative ratée ?

Oui, dans environ 15% des cas selon les estimations des services de police et des assureurs. Le risque est particulièrement élevé dans les deux semaines suivant la première tentative. Les cambrioleurs reviennent lorsqu'ils estiment que la cible est suffisamment intéressante pour justifier un second passage avec un équipement plus adapté (pied-de-biche, extracteur de cylindre). En revanche, si la tentative a échoué à cause d'une alarme ou d'un flagrant délit, le risque de retour diminue considérablement.

Les cambrioleurs reviennent-ils la nuit suivante ?

C'est possible mais relativement rare pour les vols d'opportunité. Les bandes organisées peuvent toutefois revenir dans les 72 premières heures avec un outillage plus adapté si le butin pressenti est important. Pour contrer ce risque immédiat, installez dès la première nuit un simulateur de présence (lampe programmée, TV allumée) et activez toute alarme disponible.

Que faire immédiatement après une tentative d'effraction ?

Trois actions prioritaires : 1) Signalez la tentative au commissariat ou à la gendarmerie (même sans vol effectif, le dépôt de plainte est possible et recommandé). 2) Photographiez tous les dégâts (traces de pesée, barillet endommagé, marques sur le bâti). 3) Renforcez immédiatement la sécurité visible de votre domicile (projecteur à détection de mouvement, autocollants « vidéosurveillance », sirène extérieure). Pour un guide complet des démarches, consultez notre article cambriolage : que faire ?

Peut-on porter plainte pour une simple tentative de cambriolage ?

Absolument. La tentative de vol par effraction est un délit pénal à part entière (article 311-1 et suivants du Code pénal). Même si les intrus n'ont rien dérobé, les traces de forçage sur votre porte ou fenêtre constituent une preuve de tentative d'effraction. Le dépôt de plainte est essentiel car il permet aux forces de l'ordre de cartographier les zones de délinquance et d'organiser des patrouilles ciblées dans votre quartier.

Évitez de choisir le mauvais quartier !

Vous étiez sur le point d'acheter et une tentative d'effraction vous a refroidi ? Vérifier le dynamisme et les chiffres consolidés officiels du taux de sécurité d'un bassin de population est l'assurance de ne pas se retrouver l'otage d'une zone « coupe-gorge ou gangrenée par la délinquance organisée ».

Voir le classement officiel des communes à risques